Les images devenues virales sur la toile, ces derniers temps, autour des grands intellectuels congolais protestant, en toute légalité, auprès des autorités compétentes, soit contre le non-paiement ou la maigreur de leurs conditions salariales sont scandaleusement déconcertantes ces derniers jours.
La Bible, dans Luc 10: 7, dit pourtant » _Dignum est enim operarius mercede sua »_ (L’ouvrier mérite son salaire), on ne peut que s’étonner de la brutalité et de la sauvagerie avec lesquelles les agents de l’ordre commis aux différents services de rémunération ou de la chaîne de dépenses répriment les paisibles manifestants qui, par leur noblesse,méritent respect et considération.
Non seulement, ils les repoussent, avec une désinvolture et une incongruité hilarantes et indescriptibles, mais ils les fouettent, les rouent de coups et les mouillent ou les aspergent d’eau du robinet, souvent, sous les regards complices des autorités. Des traitements dégradants, inhumains et irrévérencieux qui relancent le débat sur la place et la pertinence des intellectuels dans notre société. « Ces chiens de chasse » ainsi lancés aux trousses des intellectuels réclamant leurs droits, en bonne et due forme, pour les humilier et méconnaître délibérément leur valeur intrinsèque. Seraient-ils en train de recourir à une hargne vengeresse auprès de ces élites du pays, parce qu’eux munis des bâtons et Kalashnikovs ont raté leur scolarité?
D’ailleurs, ils le reconnaissent eux-mêmes par le biais de cette boutade devenue célèbre dans les rues de la capitale Kinshasa: » Bisu tosuka na Rond Point Ngaba » (Nous nous sommes arrêtés au rond point Ngama) pour dire qu’ils ne sont pas allés loin dans les études. Pour peu que nous réfléchissions sur la très longue trajectoire empruntée par ces matières grises, aujourd’hui maltraités par le régime de Tshisekedi, en vue de devenir Professeurs d’université, Médecins, Ingénieurs, Magistrats…, on ne saurait tolérer que ces médiocres que dénonçait déjà le regretté Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya puissent s’aventurer et se taper le loisir de toucher un seul de leurs cheveux. Surtout quand on sait que pendant leur bastonnade brutale sur les médecins, par exemple, les confrères de ces derniers s’emploient, avec patriotisme, dévouement et abnégation, à panser les plaies des blessés de guerre, à opérer d’autres victimes des armes létales pour leur extraire les balles reçues, à soigner leurs enfants, mamans, papas et même leurs épouses…
Et puis, le prix du métier dit noble exercé par cette catégorie des intellectuels ne mérite-t-il pas un respect absolu ?
Un proverbe dit: « Si l’or rouille, que devient le fer »? En d’autres termes, lorsqu’on va jusqu’à traîner dans la boue les intellectuels de cet acabit, naturellement immunisés du reste, de par leurs nobles prestations de fonctionnaires de l’humanité, quels traitements réserverait-on aux classes moyennes et inférieures qui inspirent aussi au respect et à la considération, dans un État de droit ?
Aux gouvernants censés garantir la justice distributive, la paix et la sérénité sociale, par des rémunérations justes, équitables et proportionnelles au critérium objectivement convenu, pourquoi ne pas sévir en aval, en anticipant les événements lugubres, orduriers et ignominieux, pour notre pays, afin d’éviter le ras-le-bol des fonctionnaires ?
En somme, tous ces mouvements insurrectionnels, ces tapages médiatiques et ces bousculades récurrents, dégueulasses et saugrenus reflètent indéniablement, aux yeux du monde, le fait que notre société est agonisante ou en déliquescence et mérite une prophylaxie et une thérapie idoines.
Une lecture éventuelle de Jean-Baudouin MOKOHA MONGA-ADOGO.
Darius KITOKA.