Malgré les mesures prises par les autorités urbaines pour lutter contre les marchés pirates, la présence de nombreux vendeurs occupant les espaces publics reste visible dans la ville de Bukavu.
Les cas les plus visibles sont observés à Nyawera, à l’endroit communément appelé chez Baba Cingazi ainsi qu’à la Place de l’Indépendance. Cette situation, qui perturbe la circulation et expose les vendeurs à plusieurs risques, demeure un défi majeur pour les autorités.
À Nyawera, par exemple, des étals sont installés le long des routes et des trottoirs, réduisant considérablement l’espace réservé aux piétons et compliquant la circulation des véhicules. Cette situation est souvent à l’origine d’embouteillages dans le centre-ville.
Le même constat est fait chez Baba Cingazi, où plusieurs vendeurs exposent leurs marchandises à même le sol. Des produits alimentaires et divers articles y sont vendus dans des conditions qui ne respectent pas les normes d’hygiène.
À la Place de l’Indépendance, les vendeurs se disputent la chaussée avec les véhicules et les piétons. Malgré plusieurs opérations menées par les services de l’ordre et les autorités urbaines, les vendeurs reviennent régulièrement occuper les lieux.
Interrogé par la rédaction de la RTDH, David Cikuru, observateur de la ville de Bukavu, estime que la persistance des marchés pirates est étroitement liée à la détérioration des conditions socio-économiques de nombreuses familles.
Selon lui, ces espaces constituent un véritable danger pour les vendeurs et vendeuses qui y exercent leurs activités.
« Malgré la mobilisation des services de l’ordre pour mettre fin à ces pratiques, les marchés pirates restent visibles dans plusieurs endroits de la ville », souligne-t-il.
David Cikuru rappelle que plusieurs personnes ont déjà perdu la vie ou été blessées lors d’accidents de circulation impliquant notamment des véhicules ayant subi des pannes techniques ou des problèmes de freinage avant de terminer leur course dans les zones occupées par les vendeurs.
Face à cette situation, il recommande aux autorités de renforcer la construction et la modernisation des marchés de la ville afin d’offrir des espaces appropriés aux vendeurs et de réduire progressivement l’occupation anarchique des voies publiques.
Contacté à ce sujet, le maire de Bukavu indique avoir déjà interdit les marchés pirates dans la ville. Il affirme qu’une équipe a été mise en place pour intensifier la lutte contre ce phénomène. Selon l’autorité urbaine, les services de l’ordre poursuivent leur travail afin d’empêcher la présence des vendeurs dans les rues et de les orienter vers les marchés officiels.
Dans la ville de Bukavu, la question des marchés pirates demeure un défi majeur.
Cette situation est notamment alimentée par les difficultés socio-économiques et sécuritaires que traverse actuellement la ville, mais également par l’exode rural provoqué par la dégradation de la situation sécuritaire dans plusieurs territoires du Sud-Kivu.
Zambali Blaise et Yoshuwa Deogratias