Droit au logement, la société civile salue l’interdiction de construire sur les sites sinistrés.

La décision des autorités d’interdire toute nouvelle construction sur les sites ayant été ravagés par des incendies est saluée par certains acteurs de la société civile à Bukavu, dans la province du Sud-Kivu.
Pour Morrau Tubibu, acteur de la société civile et défenseur des droits humains, cette mesure constitue une décision courageuse, attendue depuis longtemps. Il estime toutefois qu’elle doit être effectivement appliquée afin d’éviter la répétition des incendies.

« Cette décision était attendue depuis longtemps. Les décisions prises auparavant donnaient l’impression d’être fantaisistes. Celle-ci doit être une décision réelle et concrète », estime-t-il.

Morrau Tubibu reconnaît également que les défenseurs des droits humains ont, selon lui, échoué à empêcher la répétition des incendies dans certains quartiers de Bukavu. Il déplore le fait que ces sinistres surviennent régulièrement dans les mêmes zones, entraînant des pertes en vies humaines et d’importants dégâts matériels.

Selon lui, l’absence de mesures fortes favorise le retour des habitants sur les sites sinistrés, où les constructions reprennent souvent dans les mêmes conditions, utilisation de planches, absence de respect des normes urbanistiques et proximité excessive entre les habitations.
Il souligne également que certaines infrastructures sociales, notamment des centres de santé, des écoles et des églises, se retrouvent entourées par des habitations précaires, ce qui augmente les risques en cas d’incendie.

L’acteur de la société civile cite notamment les quartiers Nkafu, Luziba, Nyamugo, le camp Saïo, Kalengera ainsi que la zone de Kahuzi-Biega parmi les milieux ayant déjà connu des incendies récurrents.

Pour lui, une autorité responsable doit avant tout garantir la protection des citoyens et de leurs vies. Il estime que l’exercice de l’autorité ne doit pas se limiter à donner des tâches à exécuter, mais doit également prendre en compte la sécurité et les conditions de vie de la population.

Entre-temps, les sinistrés se trouvent dans une situation difficile. Morrau Tubibu déplore leur vulnérabilité et appelle à une mobilisation de la communauté pour leur venir en aide.
Il recommande notamment aux églises, aux écoles, aux marchés, aux groupes associatifs et aux différentes organisations de mettre en place de petites cotisations afin de soutenir les personnes touchées par les incendies.

Aux autorités, il recommande de mettre à la disposition des sinistrés des sites sûrs et viables, et d’y construire des infrastructures sociales adaptées pour accueillir les familles ayant perdu leurs biens et leurs proches.
Il insiste également sur la nécessité d’interdire formellement toute reconstruction sur les anciens sites à risque et de veiller à ce que les nouvelles habitations soient construites avec des matériaux appropriés, selon des plans différents et dans le strict respect des normes urbanistiques.

Mireine Nyota

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