Droit à l’agriculture. Walungu: des paysans peinent a cultiver à cause de la présence de gros bétails.

Les habitants de Kamanyola, dans la chefferie de Ngweshe, territoire de Walungu, au Sud-Kivu, peinent à préparer la saison culturale A 2026. Cette situation est notamment liée à la présence massive de vaches venues de Mutarule, Bwegera et d’autres localités de la plaine de la Ruzizi, dans une zone actuellement sous administration de l’AFC-M23.

Selon les agriculteurs de Kamanyola, les pâturages disponibles dans cette entité ne suffisent plus à accueillir le nombre important de bovins arrivés dans la région depuis le mois de mai 2026. Ces animaux accompagnent des personnes ayant fui l’insécurité dans la plaine de la Ruzizi.
Pour l’agriculteur Kusinza Mulikuza, cette situation constitue une menace pour les activités agricoles. Il affirme que les vaches arrivées à Kamanyola au mois de mai ont déjà ravagé plusieurs champs alors que les cultures de la saison B n’étaient pas encore récoltées.

« Les vaches sont arrivées au mois de mai, alors que nos champs étaient encore remplis de cultures de la saison B. Elles ont tout ravagé, notamment le maïs et le manioc. Nous avons tout perdu dans nos champs », témoigne-t-il.

Des habitants estiment à plus de 30 000 têtes le nombre de bovins venus de Mutarule, Bwegera et d’autres localités de la plaine de la Ruzizi. Faute de pâturages suffisants, ces animaux se déplacent jusque dans les champs, faisant craindre de nouvelles destructions de cultures.
À l’approche de la saison culturale A, les agriculteurs disent avoir peur de commencer les travaux champêtres dans ces conditions. À ce problème s’ajoute l’insuffisance des pluies observée ces derniers jours. Habituellement, les premières pluies sont attendues entre fin août et début septembre, mais cette année, les précipitations restent insuffisantes selon les habitants.

« Nous avons peur de commencer les premiers travaux agricoles. La famine est à nos portes et nous ne savons pas qui viendra nous aider. Notre population dépend principalement de l’agriculture. Si nous ne pouvons pas cultiver, comment allons-nous survivre ? », s’inquiète un habitant de Kamanyola.

Les agriculteurs redoutent ainsi une aggravation de l’insécurité alimentaire dans cette partie du territoire de Walungu, si les champs continuent d’être détruits et que la saison culturale A ne se déroule pas normalement.
Malgré les différentes initiatives entreprises pour tenter de trouver une solution au problème lié à la présence massive des bovins à Kamanyola, dans la chefferie de Ngweshe, les habitants affirment que les résultats restent peu visibles sur le terrain.

La Rédaction

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