Droit à l’information. Sud-Kivu: La Coopération suisse imprime ses marques et laisse des vestiges.

La Coopération Suisse au Sud-Kivu est reconnue pour ses actions à impacte durable, mais préfère l’action à la parole. Dans le secteur des médias, des journalistes ont été formés, la corporation dispose d’une Centrale de monitoring et des médias privés traditionnels sont annuellement appuyés en matériels de base et en contenus en termes de bonne gouvernance et débats publics. Cependant, un blogueur a publié une opinion témoignant de cécité où il prétend ne pas voir des « vestiges  » laissé par la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC) au Sud-Kivu et d’être déconnectée des urgences locales. Or, differents rapports officiels de la DDC lisibles en ligne, démentent ces affirmations. Dans le secteur de la santé, 37 centres ont été réhabilités et équipés, deux hôpitaux dotés de nouveaux pavillons de pédiatrie, et un circuit d’approvisionnement en médicaments mis en place pour 123 structures, bénéficiant à environ deux millions de personnes. La dernière phase du Programme d’appui au système de santé (PASS Sud-Kivu, 2021–2025, 11,7 millions CHF) visait près de trois millions de bénéficiaires, avec 126 structures de premier niveau et 8 hôpitaux de référence renforcés, ainsi qu’une surveillance épidémiologique dans 34 zones de santé face à Ebola et au Covid-19.

À Kalehe, territoire sinistré, la Suisse a consacré 1,91 million CHF (2025–2026) à une intervention humanitaire multisectorielle (People in Need, Médecins du Monde), prévoyant 131 000 consultations, soins pour 19 300 personnes, prise en charge de 300 survivantes de violences sexuelles, soutien nutritionnel à 2 300 enfants et accès à l’eau pour 36 700 personnes, soit 190 000 bénéficiaires directs. En agriculture, un programme de 1,22 million CHF (2025–2027) cible 5 000 ménages déplacés et sinistrés à Kabare, Walungu, Uvira et Kalehe, avec formation de 5 000 producteurs et appui à 40 associations d’épargne-crédit. La DDC reconnaît elle-même les limites (sous-financement, gouvernance, durabilité), pour ne citer que cela, mais ses données montrent des interventions concrètes. Le débat devrait distinguer les responsabilités : la DDC n’est ni l’Office des Routes ni le gouvernement provincial, et ne peut réparer seule tous les secteurs bancales de la province.

L’investigation journalistique exige d’interroger toute la question avant de se lancer dans des rédactions qui relèvent l’amateurisme du blog.

Michaël KASEKO.

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