La situation épidémiologique liée à la maladie à virus Ebola reste sous surveillance au Sud-Kivu.
Selon le Dr Claude, de la Division Provinciale de la Santé (DPS), la province ne compte actuellement aucun cas actif, malgré les trois cas déjà enregistrés, dont deux personnes guéries et un décès. Il l’a fait savoir lors d’une interview réalisée à l’occasion de la remise des kits de lavage des mains destinés à renforcer les mesures de prévention contre la maladie.
« La province a déjà notifié trois cas, comme vous le savez, avec deux guéris et nous avions perdu un malade. Actuellement, en tout cas, il n’y a pas d’autres cas actifs dans la province du Sud-Kivu », a expliqué le Dr Claude, chargé de communication.
La DPS poursuit néanmoins la surveillance des personnes ayant été en contact avec des cas suspects ou confirmés.
D’après le Dr Claude, certains contacts ont été placés dans des centres de cantonnement afin d’être suivis pendant la période recommandée de 21 jours. Plusieurs ont déjà terminé cette période sans présenter de signes liés à Ebola.
« Nous avons réussi à trouver quelques contacts, on les a placés dans les centres de cantonnement. Parmi eux, il y en a qui ont déjà terminé les 21 jours. D’ailleurs, il y a un autre groupe aujourd’hui qui va encore sortir. En tout cas, jusqu’ici, tous n’ont pas fait de signes d’Ebola », a-t-il précisé.
La surveillance concerne également les cas suspects signalés dans la province. Le responsable de la DPS indique que, jusqu’à présent, les résultats des examens effectués sur ces cas sont négatifs. Cette vigilance reste nécessaire en raison des mouvements de population entre les différentes zones de la région.
Le Dr Claude estime notamment que la situation dans le Grand Nord de la province du Nord-Kivu constitue un facteur de risque pour le Sud-Kivu.
Les déplacements de personnes entre les zones affectées et les autres provinces peuvent en effet favoriser l’introduction du virus dans de nouvelles communautés.
« La partie Grand Nord de la province du Nord-Kivu continuait à bouillonner, et les gens sont en train de se déplacer par-ci par-là. Il y a le risque qu’une autre personne arrive chez nous avec des signes ou avec la maladie », a-t-il averti.
Face à ce risque, la DPS appelle la population à renforcer la vigilance et à signaler rapidement tout cas présentant des signes suspects. Le Dr Claude recommande particulièrement aux personnes en provenance des zones touchées de se faire examiner dans un centre de santé en cas de fièvre ou de maux de tête.
« Nous demandons à la communauté, à la population : à chaque fois qu’il y a quelqu’un qui vient de cette zone, de veiller, de lui demander d’aller se faire reconnaître, par exemple au centre de santé. Ou s’il fait la fièvre ou des maux de tête, il faut directement alerter bien avant », a-t-il déclaré.
Pour le Dr Claude, une réaction rapide permettrait d’isoler et de prendre en charge une éventuelle personne infectée, tout en protégeant son entourage et la communauté. « Parce que si c’est le cas d’Ebola, à ce moment-là, on aura isolé la personne, on va la traiter, et les autres membres de la communauté auront la chance de ne pas attraper la maladie », a-t-il souligné.
Cette vigilance doit également s’accompagner du respect des mesures d’hygiène. La remise des kits de lavage des mains s’inscrit dans cette logique de prévention, en encourageant les communautés à adopter et à maintenir les bonnes pratiques d’hygiène.
Pour le Dr Claude, l’absence actuelle de cas actifs ne doit donc pas conduire à un relâchement.
La surveillance des contacts, le signalement rapide des cas suspects, le recours aux structures de santé et le respect des mesures d’hygiène demeurent essentiels pour prévenir une éventuelle propagation de la maladie à virus Ebola au Sud-Kivu.
Mariamu Solange.