La rentrée académique 2026-2027 dans les établissements d’enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovation (ESURSI) du Sud-Kivu reste fixée au 15 octobre 2026. L’AFC/M23 affirme qu’aucun report n’est envisagé. Les responsables des établissements ont soulevé certaines préoccupations notamment la peur et la pauvreté et des étudiants et des parents. Ils ont évoqué le contexte sécuritaire, économique et institutionnel qui semble ne pas être favorable.
Le 6 octobre 2026, Herman Nzoma, point focal de l’ESURSI pour l’AFC/M23 et Superviseur de la Task Force ESURSI au Sud-Kivu, a réuni les membres des Comités de Gestion (COGE) des établissements universitaires de la province. Cette rencontre avait pour objectif d’identifier les obstacles susceptibles de compromettre la reprise effective, massive et apaisée de la rentrée académiques.
Au cours de cette réunion, Herman Nzoma a appelé les responsables des établissements à conjuguer leurs efforts pour assurer la réussite de cette rentrée. Selon lui, chaque membre des COGE doit prendre ses responsabilités afin de permettre aux étudiants de reprendre normalement leurs activités académiques. La cérémonie officielle de la rentrée est annoncée à Bukavu, le 15 octobre et connaîtra la participation de plusieurs autorités.
Les responsables des établissements évoquent plusieurs difficultés
Prenant la parole, les responsables des établissements d’enseignement supérieur et universitaire ont fait état d’une certaine réticence des étudiants, ainsi que d’un ralentissement des activités académiques.
Ils ont notamment évoqué les craintes liées aux tensions entre l’AFC/M23 et le gouvernement de Kinshasa, la situation économique difficile que traversent de nombreuses familles, ainsi que les incertitudes suscitées par la Circulaire n°03, qui identifie certaines institutions comme non viables.
À ces difficultés s’ajoutent, selon les participants, les mesures prises par les autorités de Kinshasa interdisant certaines activités académiques dans les zones sous administration de l’AFC/M23, ainsi que les contestations autour des récentes nominations des membres des Comités de gestion.
Pour les responsables universitaires, l’ensemble de ces facteurs contribue à renforcer la méfiance des parents, dont certains hésitent à envoyer leurs enfants poursuivre leurs études dans les établissements situés dans les territoires sous administration de l’AFC/M23.
Herman Nzoma appelle à restaurer la confiance
Réagissant aux préoccupations soulevées, Herman Nzoma a reconnu les difficultés auxquelles fait face l’enseignement supérieur dans la province. Il a défendu la démarche de contrôle de viabilité des établissements supérieurs et universitaires, dont les résultats ont été publiés le 15 mai 2026.
Pour lui, cette évaluation visait notamment à dresser un état des lieux du secteur et à éviter que les établissements ne continuent à fonctionner sans répondre aux exigences requises.
Herman Nzoma a appelé les différents acteurs à travailler ensemble pour relever les défis et permettre aux jeunes du Sud-Kivu de poursuivre normalement leur cursus universitaire.
Face au manque de confiance exprimé par certains participants, le point focal de l’ESURSI pour l’AFC/M23 a estimé que la confiance ne se décrète pas, mais se mérite. Il a ainsi plaidé pour des actions concrètes susceptibles de rassurer la population et de favoriser la reprise des activités académiques.
Des stratégies annoncées pour accompagner la rentrée
Plusieurs stratégies ont été envisagées au cours de la rencontre afin de répondre aux difficultés rencontrées par les enseignants, les étudiants et l’ensemble du personnel des établissements universitaires.
Une attention particulière devrait être accordée à la communication et à la sensibilisation autour de l’importance, pour les jeunes diplômés du Sud-Kivu, de poursuivre leurs études dans les établissements d’enseignement supérieur et universitaire locaux, ainsi que sur les avantages liés à cette option.
Herman Nzoma a précisé que la réunion du 6 octobre concernait principalement les responsables des établissements de l’ESURSI. D’autres rencontres devraient être organisées par la Task Force avec les corps académique et scientifique, ainsi qu’avec les étudiants. Une Task Force avec un mandat de 60 jours.
La Task Force ESURSI est dirigée au niveau de la coordination centrale par le professeur Freddy Kaniki. Au Sud-Kivu, elle est supervisée par Herman Nzoma, avec comme co-superviseur le professeur Désiré Lumonge Zabagunda.
Elle compte également parmi ses membres le professeur Ombeni de l’UEA, la professeure Rachel Bulondo Kahindo et Madame Gracia Nabintu.
Cette structure dispose d’un mandat de 60 jours, avec pour mission principale d’accompagner et d’organiser la rentrée académique 2026-2027 dans les établissements d’enseignement supérieur et universitaire du Sud-Kivu.
Ainsi, malgré les inquiétudes exprimées par les responsables universitaires, l’AFC/M23 maintient son calendrier et annonce la rentrée académique pour le 15 octobre 2026 à Bukavu.
La Rédaction