La décision du gouvernement congolais de suspendre temporairement les activités académiques dans plusieurs établissements publics d’enseignement supérieur à Goma et Bukavu continue de susciter des réactions. Parmi les voix qui s’élèvent figure celle du député national Patrick Salumu Witakenge élu de la ville de Bukavu.
Le gouvernement de la République démocratique du Congo a annoncé, le 25 août 2026, la suspension, jusqu’à nouvel ordre, des activités académiques et para-académiques dans onze établissements publics d’enseignement supérieur situés à Goma, au Nord-Kivu, et à Bukavu, au Sud-Kivu. La décision concerne l’année académique 2026-2027 et intervient dans un contexte de crise sécuritaire dans ces deux villes contrôlées par l’AFC/M23.
Selon le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations, la mesure vise notamment les inscriptions, réinscriptions, enseignements, évaluations et délibérations. Elle est présentée comme une mesure de protection des étudiants et du personnel académique et administratif, compte tenu de la situation sécuritaire jugée préoccupante.
À Bukavu, six établissements publics sont concernés, notamment l’Université officielle de Bukavu (UOB), l’Institut supérieur de commerce (ISC-Bukavu), l’ISTM-Bukavu, l’ISP-Bukavu, l’ISDR-Bukavu et l’ISAM-Bukavu. À Goma, cinq établissements sont visés, dont l’Université de Goma, l’ISC-Goma, l’ISTM-Goma, l’ISTA-Goma et l’ISP-Goma.
Face à cette situation, le député national Patrick Salumu Witakenge reconnaît les impératifs liés à la sécurité des étudiants et du personnel. Toutefois, l’élu de Bukavu estime que l’avenir de la jeunesse ne devrait pas être sacrifié au nom de la crise sécuritaire.
Pour lui, la sécurité des apprenants et la poursuite de leurs études doivent aller de pair. Il appelle ainsi les autorités à privilégier des solutions innovantes permettant d’assurer la continuité de l’enseignement supérieur, notamment à travers des mécanismes adaptés aux réalités des zones affectées par le conflit.
« L’avenir de notre jeunesse ne peut être sacrifié au nom de la crise », soutient en substance le parlementaire, qui insiste sur la nécessité de préserver le droit à l’éducation et l’espoir de milliers d’étudiants dont les parcours académiques se trouvent aujourd’hui perturbés.
Cette position intervient alors que le ministère de l’ESURSI affirme également vouloir préserver les parcours académiques. Une exception a notamment été prévue pour les étudiants finalistes de l’année académique 2025-2026 dont la formation n’a pas encore été achevée. Ceux-ci peuvent poursuivre les activités nécessaires à la finalisation de leur cursus dans des établissements publics ou privés légalement reconnus.
Le ministère indique par ailleurs qu’il suit l’évolution de la situation sécuritaire afin d’envisager la reprise normale des activités académiques dès que les conditions le permettront.
Pour Patrick Salumu Witakenge, l’éducation reste pourtant un investissement stratégique pour l’avenir de la République démocratique du Congo. Dans l’Est du pays, marqué depuis plusieurs années par les conflits armés, maintenir l’accès au savoir constitue, selon lui, un moyen essentiel de préparer la paix, le développement et la reconstruction.
Le député plaide donc pour que les autorités congolaises explorent des alternatives permettant aux étudiants de poursuivre leur formation malgré les contraintes sécuritaires. Enseignement à distance, dispositifs académiques délocalisés ou autres mécanismes exceptionnels pourraient, selon cette approche, permettre de concilier sécurité des apprenants et continuité de l’éducation.
Rédaction