Droit à la santé : l’épidémie d’Ebola reste active à Bunia, la riposte peine à briser la chaîne de transmission Bunia.

L’épidémie de la maladie à virus Ebola continue de sévir dans la ville de Bunia et ses environs, où la flambée est loin d’être maîtrisée. Six centres de traitement Ebola sont actuellement opérationnels dans la ville, tandis que d’autres sont installés dans certaines localités de la province de l’Ituri.

L’information a été livrée par Michel Kisubi, infirmier au Centre de Traitement Ebola (CTE) de l’Hôpital Général de Référence de Bunia, appuyé par l’organisation International Medical Corps (IMC). Il affirme que la principale difficulté reste l’interruption de la chaîne de transmission, plusieurs nouveaux cas continuant d’être enregistrés.

Selon lui, le Centre de Traitement Ebola de l’Hôpital Général de Référence de Bunia prend actuellement en charge 19 cas confirmés, dont huit patients déjà guéris. Les autres centres de traitement sont notamment installés à l’aéroport de Bunia avec l’appui de Médecins Sans Frontières (MSF), au quartier Rwampara et au Centre Médical Évangélique (CME) sous la gestion de l’ONG ALIMA, à l’Institut Supérieur des Techniques Médicales de Bunia ainsi que dans plusieurs zones de santé de l’Ituri.

Michel Kisubi explique que la propagation de cette épidémie est due en grande partie au retard dans son identification. Les premiers examens effectués localement étaient orientés vers la détection de la souche Zaïre du virus Ebola. Or, l’épidémie actuelle est provoquée par la souche Bundibugyo, qui ne pouvait pas être identifiée par les laboratoires disponibles à Bunia. Les échantillons ont finalement été envoyés à l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) à Kinshasa, où la présence de cette souche a été confirmée.

Ce retard a favorisé de nombreux décès communautaires et la contamination de plusieurs agents de santé avant même que l’épidémie ne soit officiellement déclarée. Les pratiques funéraires traditionnelles, marquées par les contacts directs avec les corps des personnes décédées, ont également accéléré la propagation du virus au sein des familles et des communautés.

L’infirmier indique que plusieurs structures sanitaires ont fermé leurs portes après l’apparition de cas parmi les patients et le personnel soignant. Avec l’appui d’International Medical Corps, des opérations de désinfection sont actuellement menées afin de permettre leur réouverture progressive. Selon lui, entre six et sept établissements de santé sont concernés par ces travaux de décontamination.

Dans les centres de traitement, les équipes médicales assurent essentiellement une prise en charge symptomatique. En l’absence de vaccin et de traitement spécifique contre la souche Bundibugyo, les soignants s’efforcent de prévenir les complications telles que la déshydratation, l’anémie ou les fortes fièvres, afin de donner aux patients les meilleures chances de développer une réponse immunitaire contre la maladie.
Enfin, Michel Kisubi insiste sur la nécessité pour la population de collaborer avec les équipes de riposte.

Selon lui, un seul cas non identifié peut suffire à provoquer une nouvelle flambée. Il appelle ainsi les habitants à signaler rapidement tout cas suspect et à respecter les mesures de prévention afin de contribuer à mettre fin à cette épidémie.

Mariamu Solange.

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