La situation humanitaire demeure préoccupante à Bunyakiri, dans le territoire de Kalehe, province du Sud-Kivu, à la suite de la fermeture de la Route nationale numéro 3 (RN3). Les conditions de vie de la population de cette partie de la province continuent de se détériorer de jour en jour.
Cette situation fait suite à la coupure du trafic sur l’axe Miti–Bunyakiri–Kisangani de la RN3, intervenue il y a plus de deux mois, empêchant la circulation normale des personnes et des biens.
Des usagers de cette route nationale, qui ont livré l’information à notre rédaction, indiquent que les conditions de vie des populations locales sont devenues extrêmement difficiles. Ils lancent un appel pressant pour la réouverture de la RN3, une voie d’intérêt général aussi bien pour la province du Sud-Kivu que pour l’ensemble du pays.
Les produits de première nécessité se font de plus en plus rares dans plusieurs marchés, notamment au marché central de Kalonge, à Bunyakiri et à Hombo. Ceux qui sont disponibles ont vu leurs prix doubler, voire tripler.
Par exemple, une tige de savon qui se vendait auparavant à 4 000 francs congolais coûte aujourd’hui entre 6 000 et 6 500 FC. Un sac de sel, autrefois vendu à 1 000 FC, se négocie désormais à 2 000 FC. L’approvisionnement en produits de base est devenu presque impossible, tout comme l’accès aux soins de santé. Le président des motocyclistes de l’axe Hombo Sud–Kalenga, Baudoin, témoigne :
« Ces derniers temps, nous utilisons la route de déviation de Kasirusiri pour ravitailler la population avec quelques produits d’urgence. Mais cette route est dans un état de délabrement très avancé et présente de nombreux risques sécuritaires, car elle traverse presque entièrement la forêt. Nous mettons entre trois et quatre jours pour atteindre la destination, et en cas de pluie, cela peut aller jusqu’à une semaine. Nous demandons aux autorités concernées de nous venir en aide, car notre vie est en danger. »
Selon ce motard, les conditions alimentaires et sanitaires de la population de cette partie du Sud-Kivu, ainsi que d’une partie de la province du Nord-Kivu, sont extrêmement alarmantes. Il précise également que le prix du transport Bukavu–Bunyakiri est passé de 40 000 à 150 000 francs congolais.
Par ailleurs, certains observateurs et membres de mouvements citoyens estiment que le risque de propagation de maladies et d’épidémies demeure élevé, en particulier parmi les personnes déplacées par les affrontements armés dans la région.
Pour ces acteurs, la réouverture de la RN3 reste d’une importance capitale pour la survie des populations de Kalonge, Bunyakiri et Hombo.
Florence Zawadi