Dans plusieurs camps de réfugiés au Burundi, des ressortissants congolais affirment vivre une situation humanitaire alarmante marquée par un accès limité aux soins médicaux, des restrictions sévères dans la prise en charge des malades et des traitements cruels, inhumains et dégradants liés aux conditions sanitaires et à leur situation ontologique. Selon des témoignages recueillis, ces derniers jours, auprès de déplacés même le séjour aux latrines est contrôlés à l’aide de fouet. Et aucun réfugié n’a le droit de parler sous peine d’être bastonner à mort. En conséquence, ils appellent les autorités congolaises et les organisations internationales à intervenir pour faciliter leur retour au pays.
Des réfugiés expliquent que l’encadrement médical est insuffisant face au nombre de malades présents dans les camps. Ils affirment que des soignants congolais se trouvant parmi les réfugiés ne sont pas autorisés à administrer des soins à leurs compatriotes sans l’accord ou la présence du personnel de santé burundais. Cette situation, disent-ils, retarderait la prise en charge de patients souffrant de maladies parfois graves. « On a des infirmiers parmi nous, mais ils ne peuvent rien faire. On attend longtemps pendant que les malades s’affaiblissent », témoigne un réfugié joint par téléphone.
Plusieurs personnes évoquent également des conditions difficiles autour de l’accès aux latrines. Selon leurs récits, le temps d’utilisation serait strictement limité et tout dépassement exposerait à des sanctions violentes.
Certains affirment avoir vu des personnes fouettées puis expulsées des toilettes en public. Ces scènes, décrites comme humiliantes, accentueraient la détresse psychologique des réfugiés. « Même aller aux toilettes devient une épreuve. On vit dans la peur permanente », confie une mère de famille.
Au-delà des aspects sanitaires, ces témoignages traduisent un profond sentiment d’abandon. De nombreux réfugiés déclarent ne plus se sentir en sécurité ni dignement pris en charge dans les camps. Ils disent souhaiter un retour rapide en République démocratique du Congo, malgré l’insécurité qui les avait poussés à fuir. « Nous voulons rentrer chez nous. Même avec les difficultés, c’est notre pays », affirme un jeune homme vivant dans l’un des sites d’accueil.
Ces allégations n’ont pas encore fait l’objet de communications officielles détaillées du côté des autorités burundaises ou des gestionnaires des camps. Les organisations humanitaires présentes dans la région rappellent généralement que la gestion des camps de réfugiés implique plusieurs acteurs et fait face à d’importants défis logistiques et financiers.
En attendant d’éventuelles vérifications indépendantes, ces récits mettent en lumière la vulnérabilité persistante des réfugiés congolais dans la région des Grands Lacs, pris entre insécurité et conditions d’exil difficiles.
Darius Kitoka.