L’Union Sacrée de la Nation, initialement présentée comme le cadre d’unité indispensable à la relance de la RDC, s’est tristement éloignée de sa vocation première. Ce qui devait être une alliance pour le salut national s’est transformé en un vaste réseau d’opportunistes, dénué de toute vision d’État et de la moindre considération pour l’intérêt public. Au lieu de concentrer les énergies et les talents pour le développement du pays, ce regroupement politique a glissé vers un modèle de fonctionnement centré sur le partage de butin.
La priorité n’a pas été donnée aux réformes structurelles urgentes, mais à la distribution des postes, favorisant la loyauté et les calculs politiciens au détriment de la compétence. La promesse d’une gouvernance renouvelée a fait place à une gestion médiocre.
Les conséquences de cette incompétence généralisée sont visibles et douloureuses pour des millions de Congolais. L’incapacité à mettre en place une administration efficace a engendré une multiplication des crises : l’insécurité grandit de manière alarmante, la misère s’intensifie dans un pays pourtant immensément riche, et les institutions s’effondrent sous le poids du clientélisme.
L’État, sous l’égide de l’Union Sacrée, donne l’impression d’être devenu le spectateur de sa propre chute, impuissant face aux défis qui minent le pays. La majorité parlementaire et gouvernementale apparaît, aux yeux de l’opinion, comme une entité prise en otage par des intérêts individuels et l’obsession du maintien au pouvoir à tout prix.
L’échec de l’Union Sacrée est désormais patent. L’alliance n’a réussi ni à « sacraliser l’union » des forces vives de la nation, ni à impulser la construction d’une nation véritablement fonctionnelle. Le problème de la RDC n’est pas un manque de ressources naturelles, mais un déficit criant de leadership et de compétence au sommet de l’appareil d’État.
Ce sont ces tares structurelles, incarnées par les choix opérés au sein de l’Union Sacrée, qui bloquent et détruisent l’avenir de la jeunesse congolaise. Il est impératif, pour que le droit à la bonne gouvernance des citoyens soit enfin respecté, de changer de cap et d’exiger immédiatement une reddition des comptes transparente et rigoureuse.
AJDH/RTDH (Alliance de Journalistes pour les Droits Humains)