Droit au sport et loisirs. Sébastien Desabre : Un Coaching Qui Interpelle.

À quelques mois de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Maroc, la gestion de Sébastien Desabre à la tête des Léopards de la RDC soulève de nombreuses interrogations. Alors que le pays nourrit de grandes ambitions sportives, certains choix récents du sélectionneur national semblent en contradiction avec les exigences du football de haut niveau.

Le match contre le Sénégal, disputé dans le cadre des éliminatoires, a été un tournant symbolique. Une rencontre où plusieurs décisions de Desabre ont mis en lumière un certain manque de lucidité, notamment dans la gestion des hommes et du rythme collectif. À commencer par le cas Yoane Wissa. Titularisé malgré des signes évidents de fatigue, l’attaquant a été maintenu sur le terrain bien trop longtemps. Conséquence directe : une blessure évitable et une absence de deux mois pour un joueur clé. Ce genre d’erreur, à ce niveau, est difficilement excusable.

Autre point d’incompréhension : l’utilisation minimale de Fiston Kalala Mayele. Attaquant performant, combatif, régulier avec son club, Mayele n’a jamais été considéré comme un cadre du groupe, malgré ses statistiques impressionnantes. Alors qu’il forme, avec Cédric Bakambu, le duo offensif le plus fiable du moment pour la RDC, son absence dans les plans prioritaires du staff technique laisse perplexe. Se priver d’un tel atout en attaque semble relever davantage d’un choix personnel que d’une logique sportive.

La gestion du poste de gardien de but vient accentuer ce sentiment d’improvisation. En confiant les clés de la cage à Dimitry Bertaud, gardien au temps de jeu quasi nul depuis trois saisons, Desabre a pris un pari risqué… et perdu. Sans rythme ni automatismes, Bertaud n’a pas su rassurer sa défense, et la RDC a laissé filer une première place qui lui tendait les bras. La correction est arrivée tardivement, une fois le mal déjà fait.

Mais le plus inquiétant reste peut-être l’insistance du coach à titulariser des joueurs en manque flagrant de compétition. Contre le Sénégal, pas moins de six titulaires n’avaient disputé aucun match officiel depuis le début de la saison : Bertaud, Batubinsaka, Mbemba, Masuaku, Wissa et Meschack Elia. Un déséquilibre criant, visible dès les premières minutes de jeu. Difficile de parler de projet cohérent quand la moitié de l’équipe manque de rythme.

Le cas Arthur Masuaku illustre à lui seul ce choix problématique. L’ancien joueur de West Ham, longtemps un atout pour la sélection, semble aujourd’hui dépassé, notamment sur le plan défensif. Pourtant, malgré des prestations en baisse, il continue d’être titularisé match après match, comme si son statut passait avant son rendement.

Ces erreurs de casting et de gestion coûtent cher, surtout à l’approche d’une CAN où la concurrence sera rude et les détails décisifs. La RDC dispose d’un vivier de talents, d’une diaspora riche, et d’un public prêt à rêver grand. Mais sans rigueur, sans lucidité dans les choix, sans courage dans la remise en question, les ambitions resteront lettre morte.

Sébastien Desabre a encore du temps pour redresser la barre, mais la marge d’erreur se réduit. La CAN 2025 n’attendra personne. Si la RDC veut prétendre au titre, ou à minima atteindre le dernier carré, il faudra revoir en profondeur la gestion de l’effectif, faire confiance aux joueurs en forme, et cesser les choix approximatifs qui plombent les résultats.

Le football moderne ne pardonne pas les hésitations. Et les supporters congolais, eux, attendent des actes, pas des explications.

Rédaction