Droit au logement: Bagira en flammes, des centaines de sinistrés crient à l’abandon.

Quatre enfants ont perdu la vie, plus de 200 maisons sont parties en fumée, laissant plus de 500 ménages sans abri. La nuit du 15 octobre, on entend des cris, « Bagira brûle…Au secours! « … Des cris, de la la fumée, des larmes… et un silence pesant des responsables et des organisations d’aides aux sinistrés… cet incendie dévastateur a emporté une partie du quartier Cikonyi au sein de la commune de Bagira dans la ville de Bukavu, sur l’avenue Pharmakina, au-dessus du lieu connu sous le nom de « Ku Njira ». Ce lieu est aujourd’hui méconnaissable. Les habitations ont disparu, remplacées par un paysage de cendres et de désolation. Des familles qui y habitaient vivent désormais dans des conditions extrêmement précaires, sans toit, sans pitance, sans vêtements, et par dessus le marché, sans espoir.
Rappelons que ce cas n’est pas isolé. En effet, le 12 octobre 2025, à peine trois jours plus tôt, un autre incendie a éclaté au quartier Chai, sur les avenues Chishangi et Muhigwa. 36 maisons ont été réduites en cendres et 16 autres démolies volontairement pour éviter la propagation des flammes, selon les informations rapportées par les structures locales.

Ces drames en série illustrent une tendance inquiétante : les incendies deviennent de plus en plus fréquents dans la commune de Bagira. Plusieurs rapports émanant des noyaux de la société civile dans les différents quartiers font état de cas similaires, tous marqués par une constante, en occurrence l’absence d’assistance humanitaire et de réaction visible des autorités compétentes.

Alors que des acteurs publics, à tous les niveaux, affirment être engagés pour le bien-être de la population, cette réalité de terrain semble témoigner d’un fossé grandissant entre les discours et les actes. La société civile, dans sa mission de veille citoyenne, lance un appel urgent à la mobilisation de tous ceux qui ont une part de responsabilité dans la gestion de la ville et du territoire, pour qu’un appui concret soit apporté aux sinistrés, sans exclusion ni considération d’appartenance ethnique, politique ou religieux.

Les causes de ces incendies sont connues et dénoncées depuis longtemps, notamment les branchements électriques anarchiques, la mauvaise gestion de l’énergie solaire, le stockage incontrôlé de carburants dans les habitations, la cuisine laissée à des enfants sans expérience, et aussi certains cas dont les origines restent floues, et qui nécessitent des enquêtes sérieuses.

Dans un contexte de crise économique aggravée par l’instabilité régionale, la population de Bagira vit une double peine en termes d’insécurité et de la perte de tout ce qu’elle possède. La société civile plaide donc non seulement pour une assistance immédiate aux victimes, mais également pour une politique urbaine claire, des sanctions contre les constructions anarchiques, et une réelle prévention des catastrophes.

Plus que jamais, le droit à la vie, à la sécurité et à la dignité doit être respecté. Chaque maison détruite est un pan de vie arraché. Chaque silence officiel est une blessure de plus pour ces familles abandonnées à leur triste sort.

Rédaction