Ce lundi 24 novembre 2025, la matinée est consacrée à l’audition du témoin insider S.E., ancien agent de renseignement du RCD-N à Bafwasende et à Isiro. Il décrit en détail la création du RCD-N sous influence déterminante de l’Ouganda. Il insiste sur l’absence de troupes propres du RCD-N et sur le rôle de relais des UPDF pour la transmission des ordres. Concernant la chaîne de commandement, il explique que Lumbala participait aux discussions stratégiques avec Jean-Pierre Bemba, le général Amuli à Gbadolite. Il confirme que le général Constant Ndima relevait du général Amuli, lui-même sous l’autorité de Bemba. Constant Ndima rencontrait régulièrement Lumbala à Isiro. Il décrit enfin le pillage comme mode de rémunération des troupes basées à Isiro.
En début d’après-midi, l’un des avocats des parties civiles verse au dossier plusieurs pièces relatives aux effets du traumatisme sur la mémoire, notamment l’amnésie traumatique et les difficultés à se souvenir de dates.
L’audition de la partie civile C.M., chef de secteur à Bafwasende à l’époque des faits, met en lumière de nouvelles menaces subies à Kisangani avant sa venue, proférées par des membres fondateurs du RCD-N. Il revient sur l’installation progressive de Lumbala et du RCD-N à Bafwasende, soutenue par les UPDF, ainsi que sur la prise de contrôle de l’exploitation de diamants via un comptoir unique. Il relate plusieurs exactions : exécutions sommaires par le général ougandais K., disparitions liées à des conflits autour du commerce de diamants, ainsi que les pillages et tortures qu’il a lui-même subies, notamment des mises au cachot et des sévices dans une fosse appelée « Mabusu », ainsi que ses conditions de détention entre Bafwasende et Isiro.
La journée se termine avec l’audition de la partie civile D.U., qui explique vivre aujourd’hui en France sous protection, après des menaces liées à son témoignage. Âgé de 13 ans au moment des faits, il décrit les tortures subies à Bafwasende, dont une blessure par balle alors qu’il avait été forcé de guider des militaires vers un chantier de diamants. Il affirme que ces militaires dépendaient de Roger Lumbala, présent régulièrement sur place. Il dit avoir assisté à plusieurs exécutions publiques en présence de Lumbala et décrit la contre-attaque menée par le RCD-N après la prise de Bafwasende par les Mai-Mai de Michigan.
Luc H.