Ce 16 octobre 2025, les localités de Kasika et ses environs, jusqu’à Mwenga-Centre, des habitants s’eclipsent, craignant les atrocités signées Maï-Maï Malaika et autres groupes armées qui sèment la mort dans ce lieu. Le phénomène TUPYENGENGE (Le refuge au coeur de la brousse) est de retour.
La terreur s’est abattue sur la localité de Kasika, dans le territoire de Mwenga. Des atrocités d’une barbarie inouïe, attribuées aux miliciens locaux se faisant appeler « Wazalendo » (les patriotes), ont provoqué un exode massif, laissant la zone de Kalama-Kasika pratiquement vide.
Le témoignage glaçant vient du prêtre de la paroisse de Kasika, qui décrit une situation de non-droit où la population est à la merci de ces groupes armés.
Selon le prêtre, les « Wazalendo » sèment la mort et la désolation avec une cruauté extrême. Parmi les victimes, une femme enceinte de huit mois a été tuée puis enterrée cruellement. L’horreur a également frappé un motard, identifié comme BUBE, dont le corps a été retrouvé enseveli dans une toilette, les jambes exposées à l’extérieur. Un jeune garçon a également été assassiné.
L’article le plus révoltant concerne cependant les jeunes filles de la communauté : les lycéennes de 1ère et 2ème secondaire sont « prises comme leurs femmes » par ces miliciens, victimes d’enlèvements et de viols qui brisent l’avenir de la jeunesse de Kasika.
Face à ces actes, les habitants ont fui, laissant derrière eux leurs foyers et leurs biens. « Kalama, Kasika – Mwenga est vide », rapporte le prêtre Arthur, soulignant l’ampleur de la déroute.
Une vague de militaires Burundais serait arrivée par la suite, s’installant dans ce vide. Les motards, colonne vertébrale du transport local, sont particulièrement ciblés.
Le prêtre lance un appel à la vigilance : « Les Wazalendo tuent sans cesse et prennent les motos. »
Au-delà de la violence, le prêtre dénonce l’incivisme des miliciens qui, semble-t-il, « ne savent pas utiliser les toilettes modernes. » Cet élément, bien que mineur en regard des meurtres, souligne une déstructuration sociale et un mépris total des normes de la vie communautaire.
Le père Arthur met en garde la population contre toute naïveté concernant ces groupes qui utilisent des noms comme « malaika » (anges) : « On ne sait plus si ces Wazalendo… sont des libéraux ou des destructeurs. » Il appelle la population restante à la prudence extrême face à l’incertitude de leurs intentions réelles.
Ce nouveau pic de violence à Kasika rappelle l’urgence d’une intervention pour sécuriser les populations civiles et rétablir le droit fondamental à la vie et à la sécurité dans cette région de la RDC.
AJDH/RTDH (Alliance de Journalistes pour les Droits Humains)