BUNYAKIRI, Sud-Kivu — Depuis plusieurs semaines, la population de Bunyakiri, dans le territoire de Kalehe, est privée d’une communication fiable en raison du fonctionnement irrégulier des réseaux Orange, Airtel et Vodacom, causé par l’insécurité sur la Route Nationale n°3 qui empêche l’acheminement du carburant nécessaire aux antennes relais, plongeant ainsi cette zone de santé dans un isolement numérique aux lourdes conséquences socio-économiques.
Dans cette partie du Sud-Kivu, communiquer est devenu un véritable luxe. Les habitants dénoncent des coupures répétées qui rendent les appels téléphoniques et l’accès à Internet presque impossibles. Cette instabilité du réseau perturbe profondément la vie quotidienne et l’économie locale.
Les revendeurs de crédits et de forfaits téléphoniques enregistrent d’importantes pertes financières. Par ailleurs, les services de Mobile Money — M-Pesa, Airtel Money et Orange Money — fonctionnent de manière intermittente, paralysant les transferts d’argent indispensables à la survie de nombreuses familles.
À l’origine de cette panne prolongée figure l’insécurité persistante sur la RN3, axe vital reliant Bukavu à Bunyakiri. Depuis les affrontements survenus le 15 novembre entre la coalition AFC-M23 et les Wazalendo dans le Parc national de Kahuzi-Biega, le trafic routier est interrompu, bloquant l’approvisionnement en carburant destiné aux antennes de télécommunication.
Les techniciens des opérateurs téléphoniques peinent à accéder à la zone. Contraints d’emprunter la déviation Kalonge–Kasirusiru, les transporteurs sont confrontés à de multiples taxes illégales, ce qui complique davantage l’acheminement du carburant et aggrave l’instabilité du réseau.
Face à cette situation, la société civile de Bunyakiri appelle les autorités provinciales et nationales à sécuriser la RN3, à mettre fin aux tracasseries sur les routes de déviation et à accélérer la reprise du trafic. Elle exhorte également les opérateurs de téléphonie à envisager des mesures compensatoires en faveur des abonnés affectés.
« Communiquer est un droit fondamental », rappelle Isaya Mihona, président de la société civile locale, qui appelle à une intervention urgente afin d’éviter l’isolement total de Bun yakiri.
Gilbert Mulimo et
Florence Zawadi