Bukavu, ville étouffée par des immondices, recouvre petit à petit une certaine innocuité. Les déchets divers qui jonchaient les quartiers, les routes, les rues et ruelles et se transformaient en dépotoirs à ciel ouvert, connaissent aujourd’hui un vent de changement dans la ville.
Face à l’insalubrité, les nouvelles autorités ont pris des mesures énergiques. L’instauration du « salongo » obligatoire. Un seul jour a suffi pour mobiliser à l’appel au civisme. Chaque semaine, les habitants se rassemblent pour nettoyer leurs quartiers, ramasser les déchets et redonner à leur ville un visage plus propre.
Les efforts déployés commencent à porter leurs fruits. Les montagnes de déchets qui défiguraient les rues commencent progressivement à disparaître remplacées par des tas de sacs poubelles alignés le long des routes, attendant le passage des camions de ramassage. Les quartiers autrefois insalubres retrouvent peu à peu leur dignité.
« Le mouvement de salongo exigé par les nouvelles autorités a mis en évidence le manque de civisme de la population de Bukavu en matière de propreté urbaine. Comment expliquer qu’en une seule journée, les quartiers puissent être transformés ? Par ailleurs, on peut s’interroger sur le manque de volonté du régime précédent à exiger de la même population qu’elle participe à l’effort de propreté, afin de lutter contre l’insalubrité », a souligné Héritier Mukamba, un acteur de la Société civile.
Il a ajouté que le système actuel n’est pas sans défauts. Le regroupement des déchets sur les routes, bien qu’efficace à court terme, pose des problèmes d’hygiène et d’esthétique. De plus, la fréquence de passage des camions de ramassage est encore insuffisante, ce qui entraîne parfois l’accumulation des déchets.

La lutte contre l’insalubrité est l’affaire de tous. Les autorités doivent continuer à renforcer les dispositifs de collecte et de traitement des déchets, mais les habitants ont également un rôle crucial à jouer. Le respect des horaires de ramassage, le tri des déchets et l’adoption de comportements éco-responsables sont autant de gestes simples qui peuvent faire la différence.
Grâce à la mobilisation de la population et à l’engagement des autorités, Bukavu peut enfin espérer se débarrasser de ses ordures et devenir une ville propre et agréable à vivre. La lutte contre l’insalubrité est un combat de longue haleine, mais les premiers signes d’amélioration sont encourageants.
MARIAMU SOLANGE K.