À la veille du réveillon du Nouvel An, la ville de Bukavu affiche un visage à la fois joyeux et inquiet. Les marchés de la ville connaissent une animation inhabituelle, bien que l’ambiance reste marquée par la situation sécuritaire préoccupante dans l’est de la République démocratique du Congo, ainsi que par les difficultés économiques qui pèsent sur les ménages.
Dans les marchés populaires de Kadutu et de Baba Chingazi, vendeurs et acheteurs se croisent dans une atmosphère prudente. Des étals sont visibles un peu partout le long des principales artères de la ville.
Des parents, accompagnés de leurs enfants, s’y rendent pour se procurer des vêtements, des denrées alimentaires et divers articles nécessaires à la célébration de la nouvelle année.
« Nous venons surtout pour regarder. Les enfants veulent de nouveaux habits pour le Nouvel An, mais avec la situation actuelle, ce n’est pas facile », confie Cito Bijoux, une mère de famille rencontrée au marché de Baba Chingazi.
Comme elle, de nombreux parents reconnaissent que leurs revenus ont fortement diminué, tandis que les prix des denrées alimentaires et des vêtements ne cessent d’augmenter.
La crise sécuritaire a des conséquences directes sur l’économie locale et sur plusieurs familles à Bukavu et dans ses territoires environnants. Les déplacements des populations, la baisse des activités commerciales et la peur de l’avenir réduisent considérablement le pouvoir d’achat des ménages.
Plusieurs commerçants expliquent que, malgré la présence de clients, les ventes restent faibles par rapport aux années précédentes.
« Il y a du monde au marché, mais ceux qui achètent sont moins nombreux. Les gens n’ont pas d’argent. Ils achètent juste pour marquer la fête », témoigne un vendeur de vêtements au même marché.
Face à cette réalité, le réveillon du Nouvel An s’annonce avec beaucoup d’inquiétude pour de nombreuses familles. Certains parents insistent surtout sur l’essentiel, notamment la sécurité, la paix et l’espoir d’un avenir meilleur pour leurs enfants.
Malgré tout, l’animation observée dans les marchés témoigne de la résilience des habitants de Bukavu. En dépit de l’insécurité, ils continuent de se préparer, chacun selon ses moyens, à accueillir la nouvelle année avec l’espoir que 2026 apporte la paix, la stabilité et une amélioration des conditions de vie.
Florence Zawadi