Depuis le mois de décembre 2025, la ville de Kamituga, dans le territoire de Mwenga (Sud-Kivu), est secouée par une controverse impliquant l’Honorable Trésor Mutiki, député national élu de Mwenga, sa fondation et certains acteurs politiques et civiques locaux. Cette situation découle des missives et communiqués diffusés et partagées auprès des autorités et sur les réseaux sociaux, faisant état d’accusations de comportements jugés antipatriotiques et de soupçons de collusion avec des événements liés à l’insécurité dans l’Est de la RD Congo.
Dans une correspondance attribuée à des responsables politiques locaux, il est notamment reproché à des membres de la Fondation Trésor Mutiki et à certaines structures de la société civile locale d’avoir « organisé des activités festives à Kamituga à une période sensible, marquée par l’aggravation de la situation sécuritaire dans l’Est du pays ». Ils auraient été financés par ledit député pour célébrer la chute de la ville stratégique d’Uvira aux mains de l’AFC/M23. Les auteurs de ces accusations estiment que de tels actes sont « contraires à l’élan national de résistance contre l’agression armée ».
Face à ces allégations, la Fondation Trésor Mutiki a publié une mise au point ferme, rejetant toute implication. Elle affirme que « la TMF n’a jamais été coorganisatrice d’une quelconque marche ou cérémonie visant à célébrer des événements liés aux groupes armés ». La fondation qualifie les accusations de « tendancieuses et infondées », et soutient mordicus qu’aucune preuve matérielle n’a été produite pour étayer les faits avancés par ces pourfendeurs.
La même mise au point rappelle le parcours parlementaire de l’Honorable Trésor Mutiki, présenté comme « l’un des élus du Sud-Kivu ayant porté avec constance la voix de Mwenga au sommet de l’État, notamment par des interpellations sur l’insécurité persistante et la guerre d’agression ». Selon la fondation, associer son promoteur à des actes antipatriotiques relèverait d’une tentative de discrédit politique.
De son côté, la Société Civile Force Vive de Kamituga affirme que l’origine des tensions réside dans la dénonciation de certaines pratiques locales, en particulier dans le secteur de l’électricité. Elle soutient avoir agi dans le cadre légal pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « surfacturation de l’électricité, en violation des textes légaux en vigueur ». Cette structure affirme que ces dénonciations fallacieuses et gratuites auraient même conduit à « des menaces de mort répétées contre ses membres », situation ayant motivé le dépôt de cette plainte auprès des autorités judiciaires compétentes.
Par ailleurs, dans l’une de ses lettres, la société civile insiste sur le fait que « l’accès à l’électricité et à l’eau potable constitue un droit inaliénable » et appelle l’État à « assurer la protection des acteurs civiques et la réhabilitation des victimes dans leurs droits ». Elle rejette également toute accusation d’intelligence avec des groupes armés, estimant que ces affirmations visent à détourner l’attention des revendications sociales portées par l’Honorable Trésor Mutiki, PDG de la Fondation TMF.
Au-delà des accusations croisées, cette affaire met en évidence un climat de méfiance et de rivalités politiques locales, accentué par l’insécurité persistante et les difficultés socioéconomiques de la région.
Plusieurs observateurs estiment que « la judiciarisation des différends et la vérification rigoureuse des faits » constituent la seule voie pour préserver la cohésion sociale à Kamituga et éviter une escalade préjudiciable à la population.
Mariamu Solange K.