Selon une note d’alerte publiée le 23 décembre 2025 par la coalition de la société civile Pamoja kwa Amani, des populations civiles auraient été contraintes de participer à des manifestations politiques, tandis que les combats se poursuivent à l’Est de la République démocratique du Congo, notamment à Bukavu et Uvira, en dépit des annonces de retrait des groupes armés.
La coalition fait état de plusieurs mobilisations organisées à la mi-décembre 2025 dans des zones sous tension sécuritaire, notamment à Uvira, Kamanyola, Goma et Bukavu. D’après ces organisations citoyennes, ces marches n’auraient pas été spontanées, mais imposées aux habitants à travers des menaces et des intimidations, dans le but de faire croire à un soutien populaire à la présence des groupes armés.
À Bukavu, la mobilisation observée ce 23 décembre 2025 n’a pas enregistré l’adhésion massive attendue. Des témoignages recueillis sur place évoquent une participation limitée et la présence de jeunes adolescents qui n’auraient pas pleinement compris les enjeux de cette manifestation. La situation sécuritaire est restée préoccupante dans certains quartiers de la ville, notamment Panzi, Essence, Maria Kachelewa et Gihamba, où des détonations d’armes ont été signalées. Un bilan provisoire fait état de trois civils tués, touchés par balles et éclats d’engins explosifs.
La société civile dénonce ces violences qu’elle qualifie de graves atteintes au droit à la vie et aux libertés fondamentales, rappelant que toute participation citoyenne doit être libre et volontaire, conformément aux principes constitutionnels.
Concernant la ville d’Uvira, les organisations citoyennes expriment des doutes sur la réalité du retrait annoncé des groupes armés le 16 décembre 2025.
Selon des sources locales et sécuritaires, certains éléments armés resteraient présents dans la ville, tandis que des affrontements ont été signalés récemment dans les environs, notamment sur l’axe stratégique de Makobola, renforçant les inquiétudes de la population.
Par ailleurs, les combats se poursuivent sur plusieurs lignes de front au Sud-Kivu, notamment sur l’axe Uvira–Fizi, ainsi que dans certaines zones de Shabunda et Kabare, aggravant une situation humanitaire déjà fragile. Des mouvements de populations sont observés, avec un afflux de déplacés internes et des réfugiés vers les pays voisins.
La coalition Pamoja kwa Amani alerte également sur des arrestations jugées préoccupantes, dont celle d’un acteur de la société civile engagé dans la promotion de la paix, appelant à sa libération et au respect des droits humains.
Face à cette situation, la société civile appelle les populations à la vigilance, les groupes armés à cesser toute forme de manipulation et de violence contre les civils, et les autorités congolaises, avec l’appui de la communauté internationale, à œuvrer pour un retrait effectif des forces illégales, la protection des civils et la relance d’un processus de paix inclusif et durable à l’Est de la RDC.
Mariamu Solange.