Droit à la libre circulation des personnes: Les habitants de Bukavu dénoncent la hausse injustifiée des prix de transport en commun.

Sur les routes poussiéreuses et souvent encombrées de Bukavu, les klaxons des bus et des motos-taxis rythment le quotidien des habitants. Mais derrière cette agitation, une colère monte : celle des passagers excédés par la flambée des prix du transport en commun. Dans les arrêts bondés de Nyawera, Essence ou encore ONL, les visages sont tendus. Beaucoup peinent à trouver un véhicule à un prix abordable.

« Hier, j’ai payé 2 000 francs pour aller jusqu’à l’ancienne Coopérative, un trajet qui coûtait 1 000 francs il y a quelques mois. Pourtant, le carburant a baissé ! », s’indigne Chantal, vendeuse au petit marché Limanga, serrant son sac contre elle dans la foule. À côté d’elle, un étudiant de l’Université Officielle de Bukavu soupire : « Quand on rentre tard, les conducteurs profitent. Ils fixent leurs prix comme ils veulent. C’est devenu un luxe de rentrer chez soi. »

Pourtant, depuis plusieurs semaines, le litre de carburant oscille autour de 3 000 francs congolais dans la plupart des stations. Les habitants ne comprennent donc pas pourquoi certains conducteurs continuent d’imposer des tarifs élevés, parfois sans rapport avec la distance parcourue. Des trajets courts comme Nyawera–Carrefour ou Kadutu–Nyawera atteignent désormais 1 500 à 2 000 francs, un coût insoutenable pour de nombreuses familles.

Ces pratiques, dénoncent les usagers, vont à l’encontre du droit à un niveau de vie suffisant, consacré par l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui garantit à chaque personne les conditions nécessaires à sa santé et à son bien-être. Pour beaucoup, l’accès à un transport abordable fait partie intégrante de ce droit : sans mobilité, impossible de travailler, d’étudier ou de se soigner.

Sous un soleil de plomb, un vieux père de famille attend toujours un bus à l’arrêt de Gihamba. Il murmure : « Avant, je pouvais payer pour mes enfants et moi. Aujourd’hui, je dois choisir qui ira à l’école, qui restera à la maison. » Son regard perdu en dit long sur la détresse de nombreux habitants.

Face à cette situation, les passagers appellent l’Association des Chauffeurs du Congo (ACCO) et la mairie de Bukavu à renforcer les contrôles et à instaurer des tarifs fixes et transparents. Certains suggèrent un tarif de 1 000 francs pour les trajets courts et 1 500 francs pour les plus longs, afin d’assurer un équilibre juste entre le coût du carburant et le pouvoir d’achat.

Au-delà des chiffres, cette revendication traduit un appel à la justice sociale et au respect de la dignité humaine, tels que le rappellent les articles 1 et 7 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Dans les rues de Bukavu, les passagers ne demandent pas des privilèges, mais simplement la reconnaissance d’un droit fondamental : celui de vivre et de se déplacer dignement, dans le respect de l’égalité et de la solidarité humaine.

MARIAMU Solange.