Droit à la libre circulation des personnes. Le pont Minjenje bombardé pour la troisième fois par le régime de Kinshasa.

Ce Dimanche 28 septembre 2025, l’aviation des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a de nouveau ciblé le pont Minjenje, situé à la limitep des territoires de Walikale et Masisi, dans la province du Nord-Kivu. C’est la troisième fois que cette infrastructure est visée, dans un contexte de tension militaire persistante avec le mouvement rebelle AFC/M23.

Selon les informations recueillies par ACTUALITE.CD, un drone des FARDC a survolé l’espace aérien de Pinga avant de frapper le pont, dont les travaux de reconstruction étaient presque achevés. Des sources sécuritaires locales à Pinga et Walikale ont confirmé l’opération. Le pont en question est d’une importance stratégique : l’AFC/M23 tenait à sa remise en service pour acheminer des équipements militaires vers Walikale, d’où l’intérêt des FARDC à le neutraliser.

Mais cette frappe, bien qu’expliquée par des impératifs militaires, relance une question essentielle : dans une zone à forte présence civile, jusqu’où peut aller l’usage de la force sans mettre en péril les droits fondamentaux des populations ? Le droit à la sécurité nationale peut-il s’exercer au détriment du droit à la vie, à la dignité et à la libre circulation des habitants de ces territoires enclavés ?

Le pont Minjenje n’est pas seulement un enjeu militaire. Pour les populations locales, il représente un lien vital : accès aux marchés, aux soins, aux écoles, ou simplement à d’autres villages. Sa destruction répétée aggrave l’isolement et la précarité de milliers de familles déjà frappées par les violences armées.

Dans cette guerre où les infrastructures deviennent à la fois des cibles et des symboles, la population civile se retrouve une fois de plus sacrifiée sur l’autel de la stratégie. Alors que le droit à la vie et à la dignité devrait être garanti en toutes circonstances, la réalité impose une autre vérité : celle d’un peuple pris en étau entre les frappes militaires et l’oubli.

AJDH/RTDH (Alliance de Journalistes pour les Droits Humains)