« Ces déchets attirent les mouches, dégagent des odeurs et peuvent causer des maladies, surtout chez les enfants. Nous faisons notre part, mais les autorités doivent faire la leur », dit-Marie-Jeanne K., habitant de l’avenue ISGEA, visiblement inquiète.
« Les véhicules ne peuvent pas entrer dans nos avenues. Nous déposons donc les déchets au bord des routes principales en espérant qu’ils seront vite enlevés. Mais parfois, ils y restent trop longtemps », explique Monsieur Bolingo.
« Face à cette situation, il est urgent que les autorités locales et les chefs de quartiers prennent conscience de l’importance de la chaîne complète de gestion des déchets: de la collecte jusqu’à l’évacuation. » Renchérit Eric Sabimana, habitant de la même avenue.
« Instaurer le salongo est un pas dans la bonne direction, mais sans un système de ramassage rapide et organisé pour évacuer les immondices, les efforts communautaires risquent d’être vains » avertit Paul Babikiré.
Les caniveaux, les rues et les espaces publics à Bukavu recouvrent de plus en plus leur couleur d’antan. Chaque samedi, les Bukaviens ont pris goût au nettoyage systématique de leurs quartiers et avenues sans qu’on le leur demande. Les travaux communautaires deviennent spontanés et font désormais partie des célébrations des weekends. Toutefois, malgré l’engagement de la population, plusieurs problèmes persistent, notamment la gestion des déchets collectés.
Dans la commune d’Ibanda, quartier Ndendere, avenue ISGEA, sous la coordination de Monsieur Bolingo, chef de la susdite avenue, les déchets sont rassemblés en bordure des routes en attendant leur évacuation. Cette méthode, bien que pratique dans l’immédiat, engendre certains désagréments: les déchets entassés encombrent les sentiers, empêchent la circulation fluide et exposent les riverains à des risques sanitaires.
Ce chef rappelle donc les services d’hygiène urbaine à renforcer leur présence sur le terrain et aux chefs d’avenue et de quartiers de mieux coordonner les travaux communautaires avec les moyens d’évacuation que la population disponibilise. Envers la population, il ajoute que celle-ci doit continuer à s’impliquer tout en signalant les points critiques non évacués. Assainir Bukavu est une responsabilité partagée. Chacun a un rôle à jouer pour bâtir une ville propre, saine et agréable à vivre, conclut-il.
Rappelons que depuis l’arrivée des nouvelles autorités de l’AFC/M23 à Bukavu, une règle a été instaurée pour améliorer l’assainissement de la ville: chaque samedi, les habitants sont appelés à participer aux travaux communautaires, communément appelés « salongo ».
Victor KABIKA