Alors que le monde célèbre ce lundi 21 septembre 2026 la Journée internationale de la paix, sous le thème « Investir dans la paix – Pour tous, partout, chaque jour », l’appel à la paix prend une dimension particulière dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, confrontées depuis plusieurs années à des violences et à une crise humanitaire persistante.
À Bukavu, Jean Morro Tubibu féfenseur des droits humains appelle les autorités, les États et l’ensemble des acteurs concernés à privilégier la paix, à la construire et surtout à la rendre visible dans la vie quotidienne des populations.
Selon ce défenseur des droits humains, les populations de l’Est de la République démocratique du Congo ne méritent pas les conditions dans lesquelles elles vivent actuellement. Il décrit une situation marquée par les déplacements forcés, les violences contre les civils, les incendies et les pillages, ainsi que par les conséquences sociales et économiques du conflit.
Dans plusieurs zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, l’insécurité continue en effet d’affecter la vie des communautés. À Kaniola, dans le territoire de Walungu, des acteurs locaux et le gouvernement provincial ont récemment fait état d’assassinats, de pillages, d’incendies de maisons, d’arrestations arbitraires et d’autres violations des droits humains.
Pour ce défenseur des droits humains, la population est fatiguée de la guerre et aspire à retrouver une vie normale. Il évoque notamment le retour des personnes déplacées dans leurs villages et quartiers d’origine, la réouverture des écoles dans des environnements sécurisés, la reprise des activités économiques ainsi que le rétablissement des services sociaux de base.
Parmi les signes qui pourraient traduire un retour effectif de la paix, il cite le retour des familles déplacées, la reprise de la scolarité des enfants, le retour des Congolais ayant fui à l’étranger, la réouverture des institutions financières et la possibilité pour chaque citoyen de reprendre normalement ses activités.
Pour Jean Morro, une paix durable ne peut cependant pas se limiter 7à l’arrêt des combats. Elle doit également s’attaquer aux causes profondes des conflits, notamment les inégalités sociales, la mauvaise gouvernance, le tribalisme, la corruption et les difficultés d’accès aux services essentiels.
Il appelle ainsi les gouvernants à accorder davantage d’attention aux préoccupations de la population congolaise et à renforcer les actions en faveur de la sécurité, de la justice et de l’accès aux services sociaux de base.
Cette vision rejoint le message des Nations unies à l’occasion de la Journée internationale de la paix 2026, qui rappelle que la paix ne signifie pas seulement l’absence de guerre, mais qu’elle repose aussi sur la sécurité, la dignité, les opportunités, le dialogue et la coopération.
Dans l’Est de la RDC, le souhait exprimé par de nombreux acteurs reste donc celui d’une paix concrète : une paix qui permet aux enfants d’aller à l’école, aux familles de vivre chez elles, aux agriculteurs de cultiver leurs champs, aux commerçants de travailler et à chaque citoyen de vivre dans la sécurité et la dignité.
Mireine Nyota