Droit des enfants : Plus de 7 000 garçons et filles impliqués dans les mines artisanales à Kamituga.

Plus de 7 000 garçons et filles seraient actuellement impliqués dans les activités minières artisanales à Kamituga, dans le territoire de Mwenga au Sud-Kivu. Les quartiers de Tchanda, Kitemba, Kokela et Luliba figurent parmi les zones les plus touchées par ce phénomène qui compromet gravement le droit à l’éducation de nombreux enfants.

Selon les informations contenues dans une correspondance signée par Kabungulu Musole, chercheur spécialisé sur les questions sociales et minières dans la région de Kamituga, plusieurs enfants abandonnent l’école pour rejoindre les sites d’exploitation artisanale de l’or. Motivés par la recherche de revenus destinés à soutenir leurs familles, ces mineurs sont exposés à des travaux pénibles et dangereux qui mettent en péril leur santé, leur sécurité et leur avenir.

D’après plusieurs observateurs locaux, cette situation est alimentée par divers facteurs, notamment la pauvreté persistante, le chômage, l’insécurité liée aux conflits armés ainsi que les déplacements massifs de populations. La disparition de la SOMINKI, autrefois principale société minière de la région, est également citée comme l’une des causes ayant favorisé l’expansion de l’exploitation artisanale.
Les femmes sont également nombreuses à travailler dans les mines artisanales de Kamituga.

Elles interviennent dans le transport du sable, le concassage des pierres, le lavage des minerais ainsi que dans diverses activités commerciales autour des sites miniers. Toutefois, elles évoluent dans des conditions difficiles et restent exposées à plusieurs risques, notamment les violences basées sur le genre, l’exploitation sexuelle, les grossesses précoces et les infections sexuellement transmissibles.

La présence croissante des déplacés internes, particulièrement ceux venus du territoire de Shabunda, a accentué la pression sur les moyens de subsistance des ménages et augmenté le nombre de familles dépendant directement de l’exploitation artisanale de l’or.

Face à cette réalité préoccupante, les défenseurs des droits humains et des droits de l’enfant appellent à des actions urgentes pour favoriser le retour des enfants sur le chemin de l’école. Ils recommandent notamment la mise en œuvre de campagnes de sensibilisation et de programmes d’accompagnement scolaire adaptés. Ils plaident également pour un soutien accru aux femmes à travers l’octroi de microcrédits, l’appui aux activités génératrices de revenus ainsi que la promotion de l’agriculture et de l’élevage comme alternatives durables aux travaux miniers.

Florence Zawadi

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