Droit à l’alimentation saine. La viande vendue hors toute hygiène: un risque pour la santé des Bukaviens.

La vente de viande dans des espaces non protégés continue de susciter des préoccupations parmi les habitants de Bukavu. Exposée à la poussière, aux insectes et à d’autres sources de contamination, cette pratique est perçue comme un risque pour la santé publique. Toutefois, plusieurs habitants estiment que les difficultés économiques et la pression fiscale poussent de nombreux commerçants à exercer leurs activités en dehors des marchés officiels.

La protection des denrées alimentaires demeure un enjeu majeur dans la ville. Parmi les produits les plus sensibles figure la viande, dont la conservation et l’exposition nécessitent des conditions d’hygiène strictes. Pourtant, dans plusieurs quartiers de Bukavu, la viande est régulièrement vendue à même le sol ou dans des endroits non aménagés.

Contacter à ce sujet, un habitant de la ville reconnaît les dangers que représente la vente de viande dans un environnement non protégé.

Selon lui, cette réalité s’explique en grande partie par les difficultés auxquelles font face les vendeurs. Il affirme que plusieurs vendeuses évitent les marchés reconnus par l’État à cause des taxes qu’elles jugent trop élevées. Avant même de commencer leurs activités, elles doivent faire face aux coûts d’achat de la marchandise ainsi qu’à différentes taxes et redevances administratives.

Cet habitant indique également que certaines personnes apportent leur soutien aux vendeurs afin de les aider à écouler rapidement leurs produits en dehors des circuits réglementés. Une manière, selon lui, de permettre à ces vendeuses de subvenir aux besoins de leurs familles dans un contexte économique difficile. Il rappelle qu’autrefois, les autorités étaient plus strictes envers les vendeurs opérant hors des marchés autorisés, mais que les taxes étaient moins lourdes et le coût de la vie plus abordable.

De son côté, une vendeuse de viande explique les difficultés auxquelles elle est confrontée. Elle affirme que pour un approvisionnement de viande évalué à 100 000 francs congolais, elle peut être contrainte de payer une première taxe de 10 000 francs, sans compter d’autres frais nécessaires pour obtenir l’autorisation de vendre dans un marché officiel. Face à ces charges, certaines commerçantes choisissent de vendre leurs produits dans d’autres espaces afin de réduire leurs dépenses et espérer réaliser un bénéfice.

Face à cette situation, plusieurs habitants plaident pour une révision à la baisse des taxes imposées aux vendeurs de viande. Selon eux, cette mesure pourrait encourager davantage de commerçants à intégrer les marchés reconnus par l’État, améliorer les conditions de protection des denrées alimentaires et contribuer à la préservation de la santé des consommateurs à Bukavu.

Zambali Blaise et Jean Luc

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