Les conducteurs de motos dénoncent un manque de clarté dans les mesures de stationnement et de circulation appliquées dans la ville, une situation qui, selon leur comité, alimente les tensions et les frustrations au sein de cette catégorie de transporteurs.
Face à cette situation actuelle que traversent les motards dans la ville de Bukavu, le comité des motards s’est prononcé en affirmant que ce malaise est principalement dû au manque d’endroits fixes réservés au stationnement des motos.
Selon ses responsables, les forces de l’ordre indiquent parfois aux motards des lieux où stationner leurs engins, mais quelques temps après, d’autres agents reviennent pour les chasser des mêmes endroits.
Cette situation plonge les conducteurs dans une grande confusion. Les motards s’interrogent notamment sur l’application réelle des instructions données par les autorités auprès des agents déployés sur le terrain.
Le comité explique également que plusieurs motards ont été sensibilisés afin de se mettre en règle, notamment à travers l’achat des assurances, des gilets ainsi que d’autres documents exigés par les autorités. Malgré cela, certains agents procéderaient à des arrestations massives sans distinction entre les motards en ordre et ceux qui ne le sont pas.
Selon leurs déclarations, plusieurs motos sont régulièrement embarquées et les propriétaires sont parfois contraints de payer jusqu’à 30 000 francs congolais ou encore 10 dollars américains pour récupérer leurs motos, même lorsqu’ils disposent de tous les documents requis.
Une situation qui crée des frustrations et pousse certains conducteurs à perdre confiance dans le système.
Les motards affirment également qu’ils paient régulièrement des taxes destinées à la construction de traversées publiques et d’espaces adaptés à leur activité. Cependant, ils disent ne constater jusque-là aucune réalisation concrète malgré leurs contributions.
Le comité estime que les frustrations accumulées chez les motards risquent, à long terme, de provoquer des tensions ou des débordements. Il dénonce aussi certaines brutalités commises par des agents de l’ordre qui, selon lui, n’accordent pas suffisamment de temps pour identifier les motards en règle avant d’intervenir.
Toutefois, le comité salue un point positif dans la gestion des conflits entre conducteurs. En cas d’accident entre motards ou entre un motard et un taximan, les parties concernées sont souvent autorisées à rechercher d’abord une solution à l’amiable avant l’intervention des forces de l’ordre.
Concernant la circulation dans la ville, les représentants des motards disent avoir proposé plusieurs solutions aux autorités afin d’améliorer la mobilité urbaine. Ils suggèrent notamment certains axes de traversée pour les motos venant de la Place du 24, de la Sonas, de Vamaro ou encore de l’Hippodrome, afin de faciliter l’accès vers des avenues comme Saio, Ndendere, l’Avenue du Gouverneur ainsi que la Place Mulamba.
Ces derniers indiquent qu’un communiqué interdit désormais aux motards de traverser le rond-point de la Place du 24, alors que plusieurs conducteurs venant de Bagira ou de Brasserie travaillent dans le centre-ville. Selon eux, cette mesure complique davantage les déplacements, augmente les coûts du transport pour les passagers et crée aussi des tensions entre les motards et les propriétaires des motos.
Rappelons que, le comité des motards appelle ses membres à privilégier la non-violence dans toutes leurs revendications. Il encourage les conducteurs de motos à défendre leurs droits de manière pacifique, sans agressivité ni affrontements.
Par Michaël Kaseko