Réunis mercredi 28 janvier 2026 de 9h00 à 11h30 dans la salle Auditorium de la Femme à Labotte, à Bukavu, des professionnels des médias, des représentants de l’Union Nationale de la Presse du Congo section Sud-Kivu (UNPC/SK) ainsi que l’autorité municipale ont échangé sur les résultats du monitoring des médias.
L’objectif de cette rencontre était d’analyser les publications diffusées dans les médias en ligne et traditionnels, d’identifier les dérives constatées et de formuler des recommandations pour renforcer l’éthique journalistique dans un contexte sécuritaire et social sensible.
La séance a été ouverte par le modérateur du jour, Egide Kitumaini, qui a souhaité la bienvenue aux participants avant de céder la parole au président de l’UNPC, Darius K. S’exprimant au nom de l’organisation, il a précisé que l’activité visait à susciter une prise de conscience autour de la qualité des contenus médiatiques diffusés dans la province. Il a déploré la montée de discours haineux, de cas de diffamation, de calomnie et d’affirmations non vérifiées dans certaines publications.
Selon lui, le contexte particulier que traverse le Sud-Kivu impose aux journalistes des comportements responsables et prudents, aussi bien pour contribuer au changement positif de la société que pour préserver leur propre sécurité. Il a rappelé que la profession journalistique repose sur des devoirs stricts, surtout en période de tension.
Dans la même logique, le modérateur a insisté sur la nécessité pour les journalistes d’encourager les valeurs publiques et de démontrer un engagement ferme envers le respect du code d’éthique et de déontologie journalistique.
Prenant la parole, le Maire a qualifié la presse de véritable pouvoir et a longuement insisté sur la notion de patriotisme. Pour lui, tout journaliste doit être un patriote œuvrant pour la cohésion sociale et le développement du pays. Il a appelé les professionnels des médias à éviter toute incitation à la violence ou au tribalisme, rappelant que les délits de presse ternissent l’image de la profession et doivent être combattus.
De son côté, Patrick Cishibanji, secrétaire de la Commission de discipline de l’UNPC/Sud-Kivu, a présenté les données issues du monitoring du mois de janvier. Vingt-neuf cas de manquements professionnels ont été recensés et analysés par la commission. Il a expliqué que celle-ci a pour mission la conscientisation, l’arbitrage et la conciliation. Son intervention a mis l’accent sur des principes clés du métier : l’exactitude des faits, la véracité des informations, l’indépendance professionnelle et la solidarité entre confrères, notamment lorsqu’un journaliste est en difficulté. Chaque cas évoqué a été présenté de manière anonyme, sans citer ni l’auteur ni l’organe de presse concerné.
Les échanges qui ont suivi ont permis aux participants de formuler plusieurs recommandations. Il a notamment été suggéré que les autorités évitent d’interpeller directement les journalistes au parquet sans en informer au préalable l’UNPC et sa commission de discipline. Les participants ont aussi plaidé pour une meilleure collaboration entre autorités et médias, afin de faciliter l’accès des journalistes à des sources fiables, surtout pour les informations sensibles.
Concernant l’UNPC/SK, il a été reconnu que le monitoring des médias en ligne reste un défi majeur, en raison de la prolifération de plateformes numériques non enregistrées et difficilement contrôlables.
L’activité s’est clôturée par un rappel du Maire sur les responsabilités fondamentales du journaliste, notamment la protection des sources, le respect de la dignité humaine et la nécessité de communiquer sans nuire. Cette rencontre aura ainsi servi de cadre de réflexion collective sur le rôle des médias dans la consolidation de la paix et de la cohésion sociale au Sud-Kivu.
Mariamu Solange.