Droit à la liberté de la presse : la sécurité des journalistes en période de conflit, une responsabilité individuelle avant tout.

En période de conflit armé ou d’insécurité, les journalistes demeurent les premiers responsables de leur propre sécurité, bien avant l’intervention de leur corporation ou la solidarité de leurs confrères, propos de Darius Kitoka, président de l’Union nationale de la Presse (UNPC) Sud-Kivu, ce 13 janvier 2026. Il a ajouté qu’exercer le métier de journaliste dans un contexte instable exige une vigilance permanente, une évaluation constante des risques et parfois même le courage de renoncer à une couverture jugée trop dangereuse.

Selon le président sectionnaire de la Corporation des Médias du Sud-Kivu, la vie d’un journaliste doit toujours primer sur l’information.
Il rappelle qu’« un journaliste blessé ou disparu est une voix éteinte, un journaliste vivant est un témoin, et un journaliste mort devient une simple statistique ». Pour lui, aucune publication, aussi importante soit-elle, ne peut remplacer une vie humaine.

Darius Kitoka insiste également sur le fait que les journalistes doivent savoir se retirer lorsqu’un danger imminent se présente.
« Si un journaliste meurt, un autre prendra sa place, mais sa vie perdue ne pourra jamais être récupérée », souligne-t-il.

Cette réalité impose aux professionnels des médias une prise de conscience sur les limites à ne pas franchir dans l’exercice de leur métier.
En période d’insécurité, les journalistes sont appelés à se prendre en charge en adoptant des comportements responsables, notamment en évitant des publications conflictuelles ou des déplacements non contrôlés qui les exposent à des menaces de mort. L’autocensure responsable, l’analyse du contexte sécuritaire et le respect des consignes de sécurité deviennent alors des outils essentiels de survie.

Notre interlocuteur rappelle enfin que les professionnels des médias doivent être les premiers garants de leur sécurité, en se conformant aux règles de protection en zones à risque, en collaborant avec leurs rédactions et en alertant leurs organisations professionnelles lorsque leur intégrité est menacée.

Pour en débattre plus longuement, le responsable des journalistes au Sud-Kivu envisage de réunir ces derniers afin d’en discuter davantage et de mettre en place des lignes rouges à ne pas franchir pour la protection des journalistes dans la province du Sud-Kivu.

La liberté de la presse ne doit jamais se payer au prix du sang.

Florence Zawadi.

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